Le Mag Cybermutuelle
RetourLe dépistage du sida bientôt généralisé ?
Le 6 octobre dernier, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, lançait les grands axes du plan sida 2010-2014 doté d’un milliard d’euros. Sa principale mesure ? La généralisation du test de dépistage à l’ensemble de la population âgée de 15 à 70 ans. Un grand pas permettant de faire chuter le nombre de séropositifs qui s’ignorent.
« Malgré un nombre de tests important, il persiste en France un retard au dépistage de l’infection par le VIH. On estime aujourd’hui que près de 40 000 personnes sont infectées et ignorent leur séropositivité.* » Face à cette réalité inquiétante et dans la droite lignée des recommandations de la Haute autorité de santé, qui, depuis déjà un an, préconise cette mesure, les médecins généralistes devront donc proposer ce test dès la fin de l’année à tous leurs patients entrant dans la tranche d’âge concernée. Ce ne sera toutefois qu’une proposition que ceux-ci choisiront ou non d’accepter, et s’ils s’y soumettent, ce test sera remboursé à 100 % par la Sécurité sociale.
Des groupes de population encore hautement contaminés
Parallèlement, une grande campagne de communication sera lancée dans le but de
banaliser cet acte, notamment dans les groupes de population à forte contamination comme les homosexuels hommes et les Français d’Outre-mer. En effet, s’il est indéniable que le sida marque un net recul depuis 2004 chez les hétérosexuels de notre pays avec environ 25 % des nouveaux cas déclarés chaque année dans leur milieu, force est de constater que les homosexuels hommes restent dans le rouge en s’en attribuant 48 %**. De même, la Haute autorité de santé notait il y a encore un an que « la Guyane se trouvait dans une situation d’épidémie généralisée »…
Un acte simple, qui peut même être anonyme et gratuit
Aujourd’hui, se faire dépister est d’une simplicité totale. Seule la décision de se lancer est parfois difficile, tant on peut redouter les résultats. Si une ordonnance de votre médecin est obligatoire pour effectuer ce test remboursé à 100 % dans un laboratoire d’analyses, il est en revanche possible de s’y soumettre sans rendez-vous, sans ordonnance, gratuitement et dans l’anonymat le plus total dans un Cidag (Centre d’information et de dépistage anonyme et gratuit). Il est aussi possible de pratiquer un test à domicile par le biais des urines, livrable par correspondance, pour une somme d’environ 30 euros.
Rappelons enfin que le test de dépistage doit être un réflexe immédiat en cas de rapport sexuel non protégé, de rupture de préservatif, de blessure avec un objet souillé de sang… et ce, quinze jours après la prise de risque. Il peut être aussi demandé tout simplement pour faire le point lorsqu’une grossesse est envisagée ou que l’on désire ne plus utiliser de préservatifs dans un couple stable. Ce test est un acte nécessaire : pour soi, bien sûr, mais aussi également par respect des autres…
*Source : Roselyne Bachelot, Libération, le 6 octobre 2010
**Source : Institut de veille sanitaire